Donat les conduisit au bas de la montagne et leur montra, en effet, un homme pendu à la plus grosse branche d'un arbre. Le vent qui soufflait à travers l'étroit défilé faisait tourner le cadavre au bout de la corde; ce mouvement avait fait croire à Kwik que le pendu pouvait encore être vivant.

Victor, s'avançant plus près de l'arbre, remarqua qu'on avait cloué un plat en fer-blanc contre le tronc. Donat s'arrêta en tremblant et n'osa pas s'approcher du cadavre; cependant, les railleries du matelot le décidèrent à suivre les autres.

Sur le plat en fer-blanc, on avait gravé des caractères avec une pointe en fer, Victor les lut et dit:

—C'est de l'anglais; cela signifie: Respectez la loi de Lynch. Jacques
Kalef a assassiné ici son ami intime pour lui voler son or
.

—Voyez, à côté de l'arbre, il y a une petite croix de bois dans la terre, dit le baron; c'est la tombe de la victime.

—Bah! ce sont des choses qui ne nous regardent pas, dit le Bruxellois en se retournant. Ne perdons pas un temps précieux à regarder le scélérat. Venez, retournons à la tente.

—Ciel! allez-vous laisser cet homme pendu là? murmura Kwik avec dégoût.

—Il y pend assurément depuis six semaines.

—Et vous ne l'enterrerez pas? C'est peut-être un chrétien comme nous!

—Laisse-moi tranquille, Donat. Serais-tu assez stupide pour mettre la main à cette charogne?