— Comme vous venez tard me trouver, aujourd’hui, enfant… Quelle longue promenade aviez-vous donc entreprise ?… Je pensais que vous m’oubliiez…
— Tante, chère tante, pardonnez-moi… Tant de choses se sont passées ce matin, et je suis si heureuse !
Lady Evans regarda la belle et fraîche créature qui se tenait droite devant elle, une rayonnante clarté de soleil baignant sa tête blonde. Dans le cadre d’une fenêtre, la taille souple se découpait sur le fond lointain du lac criblé de nappes éblouissantes ; et c’était vraiment un mystérieux chant de joie qui s’élevait des choses, comme du regard, du sourire, de tout l’être de cette enfant.
— Vous êtes si heureuse que cela, chérie ? Que vous est-il arrivé ?
La voix jeune s’éleva soudain presque grave.
— M. Noris m’a demandé d’être sa femme…
— Sa femme ? interrompit lady Evans, avec un tel accent que Lilian la regarda surprise, — un accent indéfinissable, rempli de tristesse ou de joie, elle n’eût pas su le dire.
— Et vous lui avez répondu ?
— Que je lui donnais toute ma vie…, fit-elle du même ton.
— Votre vie !… Lilian, vous aimez M. Noris ?