Et il ajouta, dominé par cette volonté de savoir qu’il sentait en Robert Noris :
— Ces dames ont, parait-il, reçu des lettres qui les rappelaient subitement en Angleterre.
Robert eut un léger signe de tête, et une sorte de sourire étrange effleura sa bouche à la pensée qu’il en était à solliciter les renseignements d’un domestique sur sa fiancée. Par un suprême effort de volonté, il parvint à rester absolument maître de lui et dit, la voix presque indifférente et calme :
— Vous aurez l’obligeance de me donner l’adresse actuelle de lady Evans.
— Nous ne l’avons pas, monsieur ; lady Evans ne nous l’a pas laissée ; et nous avons même ici plusieurs lettres pour elle que nous ne savons où lui renvoyer.
— Des lettres ! fit Robert, songeant à celle qu’il avait écrite à lady Evans. Ne l’avait-elle pas vue ?
Et d’un accent si impératif que le domestique n’osa répliquer, il ajouta :
— Montrez-moi ces lettres. Il en est une que j’ai adressée de Genève à lady Evans, et j’ai besoin de savoir si elle l’a reçue avant son départ.
L’homme obéit et, parmi les enveloppes qu’il rapporta bientôt, d’un coup d’œil, Robert distingua celle qui venait de lui… Ainsi lady Evans n’avait pas eu connaissance de la demande qu’il lui adressait !
Un ébranlement secoua ses nerfs ; il prit le papier cacheté, et du même ton bref et absolu qui rendait toute observation impossible, il dit au domestique :