— Délicieuse !… Une vraie jeune fille ! Elle doit avoir un cœur… de qualité rare.
— Je le crois ! fait Jean, léger. Mais le cerveau n’est pas à la hauteur… je le crains. Et je suis encore très gourmand… Je veux tout !… Bon, voilà l’orchestre qui commence les danses ! Il va falloir que j’aille m’exécuter et faire tournoyer toutes ces jeunes personnes.
Mme Dautheray surgit en coup de vent.
— Mais Jean, que fais-tu à bavarder ainsi avec Hélène ! Tu oublies vraiment trop tes invitées !
— Mère, Hélène aussi est mon invitée !
Un rose plus vif colore les joues de Mme Dautheray.
— Soit !… Seulement, Hélène est une intime ; tu n’as pas de cérémonies à faire avec elle. As-tu invité Madeleine de Serves ?
— Ne vous agitez pas ainsi ! mère, dit Jean, plutôt impatient… Toutes mes politesses seront faites, soyez sans inquiétude ! Je n’oublie rien de ce que je dois…
Au ton de Jean, Mme Dautheray sent qu’il ne faut pas insister ; et, sans un mot de plus, elle se détourne et rentre dans les salons, où, déjà, de nombreux couples tournoient lentement, au son d’une musique suggestive et excellente.
— Jean, votre mère a raison, ne vous occupez pas de moi… Et allez danser !