— Mais certainement, je vais y aller. Seulement, je puis bien m’accorder encore quelques minutes de récréation… Ah ! vous désiriez connaître Nicole. La voici qui entre avec mon ami de Rybes, un grand champion de tennis, comme elle. C’est une jolie créature, ne trouvez-vous pas ?
Hélène regarde. Oui, Jean a raison, en qualifiant ainsi cette gamine longue et souple. Les cheveux d’or roux moussent sous la capeline fleurie. La bouche qui rit montre des dents de bébé. La libre allure est celle d’une jeune Diane. Rien de la discrète correction de Madeleine de Serves.
Elle a aperçu Jean, et l’accoste, laissant derrière elle, sans façon, le cavalier qui l’accompagne.
— Jean, j’ai besoin d’échanger quelques propos avec vous… Et aujourd’hui, pas mèche ! Voulez-vous, demain, m’offrir le thé à votre atelier ?… Mère m’y déposera en faisant ses courses…
Jean doit être habitué ; il n’a l’air nullement surpris de la proposition qu’elle a émise comme toute naturelle.
— Entendu !… Quatre heures ? Cinq heures ? Que préférez-vous ?
— Quatre heures, ce sera très bien, parce qu’ensuite j’irai…, nous irons, si ça vous tente… au tennis. A tout à l’heure, notre fox-trott. Nous le bavarderons ! J’ai des tas de tuyaux à vous demander.
Le cavalier de Nicole attend, l’air agacé, n’osant rappeler sa présence.
Nicole, qui a fini avec Jean, se retourne et rit joyeusement :
— Yves, n’ayez pas cet air de catafalque ! Venez, pour vous remettre, flûter un peu de champagne… J’ai une soif !