Dehors, c’est un éblouissant crépuscule de juin dont le reflet dore les pelouses du parc. L’air chaud est devenu tiède et sent les roses qui foisonnent dans les massifs.

Avec allégresse, Hélène respire la brise fraîche. De cette réunion qu’elle redoutait un peu, elle repart le cœur plein d’espoirs, auxquels, à peine, elle ose croire… Et qu’elle doit à Jean, en somme…

XIV

La « saison » s’épanouit triomphalement à Trouville, vu l’approche de la « grande semaine ».

Dans la rue de Paris, Marise et Sabine de Champtereux font des courses, d’une allure flâneuse ; regardent les étalages, entrent dans les magasins pour voir les colifichets nouveaux, créés par la mode, ou les bibelots, hors de prix, qui les tentent et qu’elles marchandent, sans la moindre intention de les acheter.

Bien que les femmes, remarquées pour une raison ou une autre, foisonnent dans la courte rue, rafraîchie par le souffle de la mer, invisible, — les cabines, les tentes, les parasols, les promeneurs la cachent, — Marise et Sabine attirent invariablement l’attention des promeneurs qui les coudoient. Marise ressemble à un Watteau habillé au goût du vingtième siècle, et Sabine, dans sa très simple robe blanche, sous sa très simple capeline de paille, coûteux chef-d’œuvre d’une artiste en modes, Sabine est splendidement belle, avec un éclat de rose thé.

Marise soupire tout à coup :

— Sabine, ne trouvez-vous pas que nous avons assez arpenté ?… Allons goûter, voulez-vous ?… Je meurs de faim.

— Oui… Et après, si vous êtes reposée, nous pourrons suivre un peu la Corniche jusqu’au Calvaire. La vue doit y être merveilleuse par ce temps.

Et à pleines lèvres, elle aspire le souffle chaud, où erre la senteur marine.