— Bien imprudente ! Car, enfin, si l’ambition me prenait et que je m’en souvienne, riposte-t-elle, malicieuse.
— Mais je compte bien que vous ne l’oublierez pas !
Il parle tranquillement. Cependant, au fond de lui-même, crie le regret que cette créature charmante soit, pour lui, le fruit défendu.
— Convenu ! alors… Et maintenant, je me sauve. Il est tard ! mon mioche doit penser que sa maman l’a abandonné… Je file bien vite.
— Déjà ?
— Il y a très longtemps que je suis ici. Au revoir. Et merci de votre trop flatteuse confiance en mon cerveau…
Ses yeux pastel n’ont jamais été plus lumineux.
Elle lui tend sa main dégantée. Il la porte à ses lèvres. Puis la laissant retomber, il répond d’un ton singulier :
— Au revoir, enfant heureuse… Madame, tous mes hommages.
Elle se glisse à travers les salons, vers la sortie ; après un rapide adieu à Mme Dautheray, tout occupée de ses hôtes. Jean ne la voit pas partir. De nouveau, il danse avec Sabine. La petite Madeleine tournoie, la mine contente. Les autres jeunes vierges également animées de sentiments divers.