«  — Je vous l’ai, je crois, confiée déjà. C’est que les individus très rentés doivent épouser ceux qui ne le sont pas. Croyez-moi, Jean, et faites comme moi. Et puis, soyez un amour de garçon et découvrez-moi, à Paris, une belle situation pour Hubert…

«  — Il le désire ?

«  — Moi, je le désire… Lui, j’ignore. Nous ne soulevons jamais cette question inutile. J’espère qu’il m’est demeuré fidèle. Mais, avec les hommes, on ne sait jamais… En tout cas, je veux, surtout en ce moment, lui laisser toute sa liberté d’action et de décision !…

« Cette petite est la sagesse même, ne trouvez-vous pas ? Hélène. Pourquoi, diable ! faut-il qu’elle soit férue ainsi de son Hubert ? Elle me mettait en goût ; d’autant que le physique était à l’avenant du moral. Le vent de mer fouettait de rose sa mince figure, auréolée par les cheveux d’or roux qu’éparpillait la forte brise… L’expression sérieuse du regard, de la bouche, faisait une créature nouvelle de la gamine garçonnière…

« J’ai interrogé encore, non sans intérêt :

«  — Vous avez souvent des nouvelles de votre ami ?

«  — Non !… Autant que moi, il déteste écrire. Nous sommes des gens d’action, pas du tout des intellectuels…

«  — Vous vous calomniez ! Nicole.

«  — Bien entendu, mon petit Jean, je n’ai pas la prétention d’être une oie stupide qui n’ouvre jamais un bouquin. Très volontiers, au contraire, je fourrage dans les bibliothèques… Mais la vie est tellement plus amusante que les livres… Plus encore que n’importe quel sport !

« Ici, notre conversation a dû être interrompue, car nous étions devant le home de ma jeune compagne.