— Vous consentez, n’est-ce pas ? Hélène. Vite, nous voilà arrivés, descendons.

Elle ne résiste pas et saute à terre, sa main posée sur celle qu’il lui a tendue.

Ils sont comme des écoliers en escapade.

— Venez par ici ! chérie.

L’appellation tendre lui a échappé, et les fait sourdement tressaillir tous les deux. Mais ni l’un ni l’autre ne la relève.

Comme à travers Metzeral, ils vont côte à côte, dans la petite ville ravagée où, péniblement, un peu d’animation essaie de reprendre. Quelques magasins sont rouverts, offrant d’humbles étalages. Et, par delà les maisons éventrées, comme à Metzeral, dans la campagne qui cerne la ville, c’est la fête splendide de l’été, la verdure triomphante des arbres qui ont supporté la tourmente de feu. Çà et là, des grappes de roses retombent sur les pierres calcinées. Ils arrivent devant la haute masse de la cathédrale qui, elle, a résisté… Et Jean, alors, a une exclamation contente :

— Hélène, voyez ce modeste petit restaurant ; il a l’air très propre. Ne pensez-vous pas que nous pourrions y chercher une modeste pitance ?

— Faites ce qui vous paraît bien, Jean, dit-elle, goûtant la douceur de s’abandonner à la volonté affectueuse.

Tandis qu’elle regarde la place balafrée par les obus, Jean parlemente avec la propriétaire du restaurant et revient radieux :

— Ce sera très bien. Dans un quart d’heure, nous allons être servis dehors, sous la tonnelle, devant la maison. En attendant, reposez-vous un peu dans le jardinet. Nous avons tant arpenté, vous devez être lasse !