— Il paraît que nos jambes sont trop près de celles de nos danseurs…
— Ah ! murmure Madeleine pensive, cherchant à découvrir l’horizon voilé ; ça peut être désagréable… mais pas inconvenant !… Dans le métro, c’est une chose qui arrive aux heures où il y a beaucoup de monde, quand on est très serré ! Et personne ne se scandalise !… Non, je ne comprends pas…
— Oh ! mon petit rat, ne cherche pas à comprendre, ça n’en vaut pas la peine. Le principal est que dimanche nous dansions. Vive l’habanera sauveur !
Ici, un coup sec et discret à la porte. Ce sont les misses qui réclament leurs pupilles. En route, elles pourront continuer à jaboter.
VIII
— Hélène, je ne vous dérange pas ? Je puis entrer ?
Jean est sur le seuil du petit logis où Hélène a fini, à peu près, de s’organiser. C’est elle-même qui est venue lui ouvrir, car la vieille Odile a emmené Bobby s’ébattre sur les pelouses de la Muette.
Hélène a une robe de maison, d’un mauve de Parme, très souple, qu’une haute ceinture ajuste à la taille. Avec ses manches au coude, son cou nu sous les cheveux mordorés, et surtout avec l’éclat de sa peau fraîche, elle ressemble à une vraie jeune fille.
Et Jean, de nouveau, son œil de peintre charmé, se sent agréablement surpris devant cette Hélène inconnue qui lui donne l’impression d’une fleur soudain épanouie.
Elle lui a tendu la main d’un geste amical et l’introduit en souriant :