Avec conviction, Jean répète :

— Oui, c’est charmant ! Comme vous avez su tirer parti de ce gîte microscopique ! Vraiment, vous pouvez tous y tenir ?

— Mais, très bien… Bobby et moi nous avons la chambre. La petite pièce attenante me sert de cabinet de toilette ; et, pour l’instant, j’ai mis ma vieille Odile dans la deuxième chambre. On vous montrera cela un jour.

— Mais… mais vous n’avez pas de salle à manger ? remarque Jean, habitué à un somptueux confort.

Hélène rit gaiement :

— Ce coin de l’atelier, où vous voyez une table, représente notre salle à manger. Vous pensez bien que Bobby et moi n’avons pas besoin de grand’place et… je ne suis guère en état d’avoir des réceptions.

— Hélène, vous êtes toujours la personne ingénieuse que j’ai connue jadis… Ah ! cela me fait un plaisir plus vif encore que je ne le supposais, de vous retrouver ! C’est vrai que depuis ma prime jeunesse, j’étais accoutumé à voir en vous une chère petite amie !

Elle répète :

— « J’étais… » Mais il ne faut pas parler au passé. Maintenant que je suis toute seule, plus que jamais, j’ai besoin de savoir que je puis, à l’occasion, m’appuyer sur une amitié sûre.

Elle sourit. Mais il y a quelque chose d’un peu triste dans l’accent et d’indéfinissable — Jean en a l’impression — au fond des yeux qui se posent sur lui bien franchement, sans coquetterie aucune. D’un élan, il saisit la main appuyée sur le bras du fauteuil.