— Il ne faut compter que sur soi-même. Je le savais très bien. Pourquoi suis-je triste parce que la visite de marraine me l’a rappelé ?
Mais presque aussitôt, secouant sa petite tête résolue, elle pense :
— Je suis ingrate de trouver cela juste le jour où je reçois cette lettre qui est une preuve de sympathie. Hélène, ma chère, songez seulement à faire des vœux pour être au gré du professeur Barcane et travaillez afin de ne plus faire de stupides réflexions qui vous découragent !
....... .......... ...
Le lendemain matin, pour l’heure dite, elle s’achemine vers le quai Bourbon où loge le professeur Barcane. Vive, elle marche, l’esprit tout occupé par l’inconnu de cette visite. Sa démarche va-t-elle aboutir ? Il y a dans son cerveau un peu d’appréhension, de la curiosité, un ardent désir de réussite ; et, à l’avance, la sage acceptation d’un insuccès bien possible.
Au quai Bourbon, un vieil hôtel pittoresque et vétuste qui la ravit. Elle monte un large escalier de pierre, bordé d’une rampe de fer ouvragé, et sonne. Un instant d’attente. Puis la porte s’ouvre devant un domestique chenu que sa vue semble stupéfier.
— M. le professeur Barcane ?
— C’est ici, madame.
— Bien. Je viens de la part de son ami, M. Bourgeot. Voulez-vous lui remettre cette carte ?
De toute évidence, le domestique n’a pas l’habitude de semblables visites et sa mine demeure rébarbative et ahurie.