— Oh ! si !… je la donne à tant d’étrangers…

Les mots ont jailli, trop sincères ; et je les regrette, ils vont contre ma résolution.

Robert se penche et la baise lentement, longuement, avidement. Le baiser veut remonter vers mon bras. Encore une fois je me dégage.

— A quoi donc pensez-vous, Robert !

Et, la première, je rentre dans le salon où c’est le tumulte des adieux. Le nôtre se perd dans la foule des autres, tel que si Robert partait dîner à Versailles, par exemple. Personne d’ailleurs ne s’étonne.

J’entends le bruit de son pas décroître.

Puis, après quelques minutes, le roulement de la voiture.

J’ai un soupir de délivrance, un soupir profond. Mais, sur mes mains jointes, je sens s’écraser une grosse larme.

Dieu ! qu’il est triste d’éprouver tant de bonheur d’être seule !

29 juin.