— Pas encore !… Mais vous allez le devenir, mon cher amour. Hier, vous m’avez dit que vous le vouliez… Et c’est pourquoi, maintenant, j’ai le droit de vous supplier de vous confier à moi pour l’avenir…
Un cri me monte du cœur :
— Pour l’avenir ?… Est-ce que je puis avoir encore un avenir ?… Mon ami, ô mon ami, c’est insensé, ce que vous voulez là !… Et c’est l’impossible !
— L’impossible ? pourquoi ?… Vous m’appelez votre ami, c’est que vous me donnez de la foi et de l’affection. Et moi, je vous aime tant, Viva, que vous finirez bien par me donner aussi de l’amour !
Une seconde, mes paupières s’abaissent sur des yeux de créature éblouie… Au plus intime de mon âme, je regarde…
Puis, tout haut, je songe, lentement, la voix brisée par les coups haletants de mon cœur :
— Mon ami, vous m’êtes cher comme personne au monde ne l’était plus… comme jamais je n’aurais imaginé que quelqu’un pût l’être encore… Mais… mais je ne veux pas, je ne peux pas recommencer la vie que vous souhaitez, vous qui êtes jeune…
Il m’interrompt d’une exclamation de moquerie tendre :
— Plus vieux que vous, madame.
Mais je secoue la tête, sans sourire.