— Autrement, voilà tout…
Je n’insiste pas et bientôt Marinette me quitte pour une petite flânerie avant le déjeuner.
Je reste à songer. Devant ma fenêtre, j’entends jouer les enfants sous la garde d’Agnès ; et jusqu’à moi montent la voix d’oiselet d’Hélène, le timbre plus masculin de Guy.
Pourquoi Marinette m’a-t-elle si bien rappelé que je suis toujours en puissance de mari ? Que de mois vont passer avant que je sois délivrée ! Et d’autres mois encore, avant que je puisse être emportée, devenue son bien, par l’être qui m’a conquise sur moi-même !
Le divorce, je l’obtiendrai… Mais quand ? Attendre, il faut attendre… Et l’avenir, c’est la colline de sable qui s’écroule quand on croit l’avoir gravie.
21 août.
Lui présent, j’ai pu m’enclore dans le monde enchanté qu’il m’avait ouvert.
Mais maintenant qu’il est loin, je regarde hors de l’éden ; et tout de suite, le vol troublant de mes pensées recommence ; leurs ombres glissent sur mon ciel.
Hélas ! il n’est plus là pour les écarter !
Quand je lis sa chère causerie quotidienne, si vivante qu’elle m’apporte — quelques minutes… — l’illusion de présence, alors la confiance m’apaise, et j’espère… Mais après !… Après, je réfléchis.