— Puisque vous voulez la vérité…
Comment m’étais-je imaginé, bien convaincue, que j’étais prête à tout entendre ? Lorsque la voix froide a prononcé « puisque vous voulez la vérité », en mon moi le plus secret, un instinct a crié :
— Non ! ne me dites rien qui me désespère. Trompez-moi plutôt… par pitié !
Mais il n’a pas entendu cette supplication de ma pauvre petite bête humaine et il a continué, me donnant une sensation de scalpel qui entrerait dans la chair :
— Je ne vous cache pas que toute affection de cette nature pouvant avoir des conséquences regrettables, mon simple devoir me commande de vous adresser, sans retard, à un chirurgien.
— Qui me guérira ?…
— Qui, sûrement fera tout ce qu’il faudra pour cela…
— Et votre conviction est qu’il peut réussir ? Dites… Il faut que je sache… Il faut…
Sévère et brusque, il a répliqué :
— Je ne suis pas chirurgien… Un professionnel jugera mieux que moi s’il peut vous délivrer radicalement… ou rendre seulement le mal inoffensif.