— Vous me demandez l’impossible, madame, le secret de la nature, le secret de Dieu ! Je ne puis, moi, vous apporter qu’une espérance réalisable, si vous agissez comme la plus élémentaire raison l’exige.

La raison ! Un geste d’indifférence m’a échappé. Dans ses yeux alors, j’ai vu luire, de nouveau, l’éclair impatient :

— Il n’y a donc personne près de vous qui ait qualité pour vous obliger à vous soigner… ainsi qu’il est nécessaire ? Vous êtes mariée, n’est-ce pas ? Je vous demande pardon de cette question. Mais vous le savez, les médecins sont des confesseurs.

— Oui, je suis mariée. Vous auriez voulu parler à mon mari ?

— Je l’aurais prié d’user de son influence, ou de son autorité, pour vous déterminer à vous soigner tout de suite.

« L’autorité, l’influence » de mon mari !

Je ne sais ce qu’a pu trahir ma physionomie. Le docteur n’a pas insisté et m’a seulement demandé :

— Avez-vous des enfants ?

— Non, je suis libre de toute attache… qui compte. Ma vie n’appartient qu’à moi. Je peux en disposer comme il me convient.

Presque sévèrement, il m’a interrompue :