Avec une espèce de gravité, il a prononcé :
— Je ne le pense pas…
— C’est bien. Je vous remercie, docteur.
Je me suis levée. Je n’avais plus rien à demander. Plus rien ! A quoi bon ? Il ne m’aurait pas éclairée davantage. Au plus profond de moi-même, une évidence s’imposait : cet homme, qui ne voulait pas me tromper, ne m’avait apporté aucune affirmation réconfortante pour l’avenir.
Mes yeux ont erré sur la pièce austère où j’avais l’impression que je venais de subir une condamnation. J’ai interrogé :
— Dois-je revenir ? docteur.
— Ce serait inutile, quant à présent. Demain, dans huit jours, je vous dirais ce que je vous ai dit aujourd’hui : si vous n’avez pas, je vous le répète encore une dernière fois, en insistant, si vous n’avez pas, pour attendre, une de ces raisons qui priment les exigences de la raison, voyez tout de suite le chirurgien qui vous soignera comme vous devez l’être…
J’ai incliné lentement la tête. Nos yeux se croisaient, interrogateurs et attentifs.
— Merci encore, docteur. Je vais réfléchir… Et je ferai ce qui me paraîtra le meilleur.
Il a entr’ouvert la bouche, comme pour ajouter quelque chose. Mais il s’est tu, et m’accompagnant au seuil de son cabinet, il a soulevé la portière. Alors — d’un accent singulier, où dominait une sorte de bonté autoritaire, il m’a dit :