| 1. Paul BOURGET, de l’Ac. fr. | Le Danseur mondain. |
| 2. Henry BORDEAUX, de l’Ac. fr. | La Maison morte. |
| 3. J. et J. THARAUD. | L’Ombre de la Croix. |
| 4. H. de BALZAC. | Une Ténébreuse Affaire. |
| 5. Edmond ABOUT. | Tolla. |
| 6. Germaine ACREMANT. | Ces Dames aux chapeaux verts. |
| 7 8 et 9. Alexandre DUMAS. | Les Compagnons de Jéhu. Tomes I, II et III. |
| 10. F. DOSTOIEVSKY. | Netotchka. |
| 11. Ernest PÉROCHON. | Nêne (Prix Goncourt 1920). |
| 12. André LICHTENBERGER. | Petite Madame. |
| 13. J.-H. ROSNY aîné, de l’Ac. Gonc. | Dans les rues. |
| 14. J.-L. VAUDOYER. | La Maîtresse et l’Amie. |
| 15. Henri de RÉGNIER, de l’Ac. fr. | Romaine Mirmault. |
| 16. Henry BORDEAUX, de l’Ac. fr. | La Neige sur les pas. |
| 17. Jean d’ESME. | Les Dieux rouges. |
| 18. Edmond JALOUX. | L’Éventail de crêpe. |
| 19. Paul BOURGET, de l’Ac. fr. | Le Démon de midi. I. |
| 20. Paul BOURGET, de l’Ac. fr. | Le Démon de midi. II. |
| 21. Elissa RHAIS. | Le Café chantant. |
| 22. Jean AICARD, de l’Ac. fr. | Benjamine. |
| 23. Alphonse DAUDET. | Les Rois en exil. |
| 24. Léon TOLSTOÏ. | Katia. |
| 25. Henri ARDEL. | La Nuit tombe. |
| 26. Edith WHARTON. | Sous la neige. |
A paraître : | |
| 27. MÉRIMÉE. | Colomba. |
| 28. Gérard d’HOUVILLE. | Le temps d’aimer. |
Copyright 1923 by Librairie Plon
Droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays, y compris l’U.R.S.S.
LA NUIT TOMBE…
18 mars.
Une averse rageuse bat mes vitres, les cingle de gouttelettes haletantes, sous la rafale d’équinoxe… Une averse qui sera brève comme une colère soudaine et trop violente.
Déjà les nuées lourdes se déchirent et se cernent de lumière. Leurs flocons déchiquetés s’éparpillent vers les lointains d’un ciel très bleu, très pur, d’un bleu presque aigu, dans son intensité.
Et alors, je ne sais pourquoi, tout à coup, l’idée me traverse le cerveau que mon Moi intime ressemble à ce ciel tourmenté, où se heurtent des ombres, des clartés, des souffles de tempête ; où les pleurs de la pluie sont soudain dévorés par le feu d’un rais de soleil.
Cette âme houleuse, qui la devinerait — et je m’en amuse… — chez la jeune dame dont, en ce moment, l’image se reflète dans la glace du panneau qui me fait face ?
Cette jeune dame a la mine paisiblement nonchalante d’une créature étrangère à tout ce qui bouleverse, distrait ou passionne l’innombrable foule de ses sœurs. Elle ne paraît rien regretter ni souhaiter.
Je viens de la regarder un instant, toute mince en son kimono à grandes fleurs bizarres ; sa petite figure d’une pâleur chaude, coiffée de cheveux châtain doré dont les vagues aventurent un flot capricieux au-dessus des yeux sombres.