Afin de sauvegarder toutes les apparences, — à cause de père… — je reçois, de même que Jacques, mais pas le même jour !… les amis masculins qui, à Paris, étaient des familiers.
Ainsi, aujourd’hui, Voulemont a surgi en auto, à l’heure du thé. Je me suis appliquée à deviser avec lui sur le ton habituel de nos causeries. Mais il me connaît trop bien pour que, en tête à tête, je puisse le tromper…
Tout à coup, notre thé fini, après un silence, dont je n’avais même pas eu conscience, il a interrogé, plantant dans mon regard ses terribles yeux d’observateur :
— Ma petite amie, qu’est-ce que vous avez !… Est-ce l’amour ?… Est-ce le chagrin ? Il y a des deux dans votre regard ! Et vous commencez à inquiéter très fort ma vieille affection…
Son accent était si sincère qu’une subite émotion m’a étreinte une seconde, et le cri de tout mon être m’est venu aux lèvres :
— Tout simplement, mon bon ami, je suis une femme dont la vie s’achève… Et ce n’est pas un moment… gai !…
Aussitôt, j’ai regretté mes paroles imprudentes. Mais il ne pouvait en pénétrer le sens obscur et a haussé les épaules :
— Quelle absurdité vous dites là, madame Viva ! Le jour où vous le voudrez, vous recommencerez votre existence, vous le savez bien !
— Oui… mais je ne le veux… ni ne le pourrais… dans le sens où vous me l’offrez !
Il dardait toujours sur moi ses yeux noirs qui ont appris à déchiffrer les visages de femme… Et je l’ai entendu marmotter sous sa moustache :