Il se dérobe et martèle avec emportement :

— Et vous prétendez me faire admettre que de telles raisons… auxquelles si facilement je pourrais répondre, déterminent votre conduite imprévue à mon égard ? Quelle naïveté me croyez-vous, Viva ? Vous si franche, dites donc ce qui est vrai. Vous réclamez le divorce pour épouser l’homme que vous prétendez, malgré les apparences, n’être pas votre amant !

De nouveau, je ne bronche pas devant l’insulte qu’il me lance, les dents serrées par la colère, exaspéré de se heurter à ma résolution qu’il commence à sentir inflexible.

Mais cette discussion m’épuise ; et lentement, la voix assourdie, je réponds :

— Vous vous trompez encore… Je ne pense pas que, même libre, j’épouse jamais M. de Meillane.

Soudain calmé, il me jette un coup d’œil effaré ; car il ne peut se méprendre à mon accent.

— Alors, pourquoi un divorce inutile ?… Que voulez-vous ?

— La séparation de nos deux existences, établie devant tous, pour ne plus être exposée à des équivoques blessantes…

— Un scandale enfin !

— Oh ! non ! Vous et moi ferons de notre mieux pour que tout se passe sans bruit. Les avoués savent très bien arranger ces sortes d’affaires discrètement, quand les clients y tiennent. Comme tout Paris est au courant de notre situation respective, la chose n’étonnera personne et sera sûrement considérée comme toute naturelle.