— Je n’ai pas d’amant.
— Mensonge !… Et je puis vous dire le nom de cet homme…
— Dites.
Je le sais, le nom qu’il va prononcer. Père m’a prévenue.
— Tout Paris le connaît. C’est Jacques de Meillane.
Instinctivement, je dresse la tête ; et de toute ma hauteur, je prononce :
— M. de Meillane n’est pas mon amant. Ni lui ni un autre. Il ne m’a pas plu d’avoir un amant. C’est pourquoi je puis dire — et c’est la vérité absolue… — que vous êtes le seul auquel j’ai appartenu… jusqu’ici !
Je sens que, dominé par mon accent, il ne met pas en doute ma parole. Mais mon dernier mot le fait bondir. Violemment, je répète :
— Jusqu’ici ! Alors vous imaginez que, vous sachant mon bien, j’accepterai de vous perdre ?…
— Je ne suis plus votre bien depuis longtemps !… Mais si vous prétendiez continuer à me retenir près de vous, il ne fallait pas me laisser cet été… Il ne fallait pas, là-bas, oublier qu’en France une femme portait votre nom… Il ne fallait pas afficher le peu de souci que vous aviez d’elle, en vous battant aux yeux de tous pour votre maîtresse…