— Allons donc ! Allons donc !… C’est l’impossible que vous demandez ! Quand on a été les époux… les amants que nous avons été, on ne se sépare jamais !

Avec tout ce qui me reste de force, je dégage mes mains.

— Le temps dont vous parlez est mort ! Je suis maintenant une autre femme. Si je me souviens de la Viva d’autrefois, c’est seulement pour la prendre en pitié, pour la plaindre !…

— Vous avez été heureuse pourtant !…

— D’un si misérable bonheur !… J’en jouissais parce que je ne savais pas alors qu’il en existait d’autre…

— Et maintenant, vous en connaissez un autre ?

— Oui… Aujourd’hui, j’ai compris quel bonheur aurait pu être le mien…

— Qui vous l’a appris ?… Votre amant ?…

Pour la première fois, depuis que nos vies sont séparées, il articule pareille accusation. Et j’en suis stupéfaite, à ce point que l’insulte ne m’atteint pas.

Ah ! c’est ma revanche, de pouvoir répondre sans baisser les yeux :