Un éclair traverse les yeux de Robert.

— Pourquoi ?… Parce que j’ai tenu cette lettre pour ce qu’elle était…

— C’est-à-dire ?

— Une boutade à laquelle ni vous ni moi nous ne pouvions attacher d’importance.

Nos deux regards, soudain, se bravent, avec une force passionnée.

— Vous avez tort, Robert. Ce que je vous ai écrit est ma résolution. Je vous le répète : je ne reprendrai pas la vie que j’ai menée depuis trois ans… ni mon ridicule personnage d’épouse trompée… Donc, la séparation s’impose. Cet été, vous m’avez fourni encore une raison plus que suffisante pour obtenir mon divorce !

Il a pâli et me regarde aussi stupéfait que si je venais de proférer soudain des paroles insensées.

— Viva, vous ne parlez pas sérieusement !

— Si… encore une fois… très sérieusement !

Il se lève d’un geste violent, se rapproche et saisit mes deux mains.