Demain, à cette heure, je connaîtrai mon arrêt.

13 octobre.

Je sais maintenant ! Mon intuition, cette fois encore, ne m’avait pas trompée. Ce que la charité professionnelle du docteur Wardènes n’a pas articulé, ma pensée le comprend. Le mal héréditaire m’a saisie à mon tour.

Je suis perdue ! tout au moins pour le bonheur, sinon autrement.

Comme la première fois, je suis allée seule au rendez-vous. J’ai supporté, sans un mot, l’examen minutieux, long, attentif ; répondu, très calme, à toutes les questions, qui se sont terminées par celle-ci :

— Alors, vous venez seulement de vous apercevoir du mal qui vous amène, madame ?

— Non, docteur, je le connais depuis cinq semaines.

Cet homme si calme a littéralement bondi :

— Comment, depuis cinq semaines !… Et c’est aujourd’hui que vous venez me trouver ?… Mais c’est fou !… Vous vouliez donc votre perte ?

Devant cette indignation, ma vaillance a soudain chancelé.