Je l’ai senti à ce point sincère dans sa préoccupation que, de nouveau, j’ai faibli une seconde. Et tout bas, j’ai supplié, comme un bébé :
— Oh ! docteur, ne me grondez plus !… Et… faites-moi vivre !
Il a pris ma main dans les siennes.
— Nous ferons tout ce qu’il faudra pour cela, mon enfant. Ne vous agitez plus et mettez-vous en demeure de pouvoir, comme vous le souhaitez, être soignée dans quatre jours.
J’ai obéi. Je suis allée moi-même choisir ma chambre dans la maison qu’il m’a désignée, et je vais préparer mon départ…
Ah ! que la nuit est proche et que mon âme en a de peur et de souffrance !…
Heureusement, père, ce soir, était absent. Seule avec lui, comment serais-je parvenue à lui cacher la vérité ?… Et demain, comment ferai-je avec mon bien-aimé, pour l’amour de qui, je le comprends, j’ai joué ma vie… Pourtant, il faut qu’il ignore… Il faut.
16 octobre.
C’est la fin.
Il est parti… Et j’ai pu me taire jusqu’au bout !… Même dans la folle douceur du revoir… Même dans cette agonie de la séparation…