— Pas une histoire, la vérité !… Ah ! ma grande sœur, vous êtes curieuse !
Et, au risque de culbuter sa tasse à thé remplie de nouveau, elle me jette un baiser de petite fille et se perche sur le bras de mon fauteuil.
— Le convive à qui je veux être agréable, c’est Jacques de Meillane !… Viva, m’est avis que tu l’intéresses fort ! Je m’en étais aperçue quand tu as chanté chez toi, le soir de la première. Et puis, avant-hier, il dînait à la maison ; et il avait une manière d’écouter Paul parler de toi…
— Mais pourquoi Paul s’occupait-il de moi ? fais-je un peu impatiente.
— Parce que, chérie, tu tiens au cœur de ton beau-frère, et qu’une réflexion de Meillane l’avait amené à manifester l’opinion qu’il a de toi… Vois-tu, Viva, si tu voulais, tu rendrais ce garçon — je parle de Meillane ! — amoureux fou… Tu peux m’en croire, je m’y connais !
— Pour quoi faire, le rendre amoureux ?
— Pour t’amuser ma grande sœur !
— Ça ne m’amuserait pas du tout ! Je suis trop vieille pour faire joujou ! Les lauriers sont coupés…
— Essaie de les faire ramasser… Je t’assure que c’est charmant… à un point que… que… tu ne peux avoir oublié.
J’ai un geste d’épaules.