— D’abord, parce que je sens tout le prix de la faveur que vous me faites en me recevant ainsi…
— D’abord… Et ensuite ?…
— Et ensuite, j’ai l’audacieux espoir que vous ferez un peu de musique… puisque vous l’avez promis… Vous devez être très fidèle dans vos promesses !
— Oui… plutôt… Mais vous ai-je promis quelque chose ?
Nous nous regardons avec un peu d’envie de rire, avec la même malice et, aussi, le même parti pris, — telle une gageure ! — de ne pas nous dire une parole qui ne soit vraie. Et je conclus :
— Il faut, pour l’instant, me permettre de m’acclimater à l’atmosphère que vous pouvez m’offrir. Nous nous connaissons si peu !
— Si peu ? Nous nous sommes déjà rencontrés quatre fois, madame !
Je me mets à rire.
— Ce n’est pas énorme !… C’est même si peu, que je me demande encore comment nous en sommes là, à causer tous les deux, en tête à tête, à la façon de vieilles connaissances… parce qu’il vous a pris fantaisie de le désirer. Vous devez être horriblement impérieux, un homme à redouter ; je suis sûre que vous faites toujours ce à quoi vous êtes résolu.
Sans doute, j’ai interrogé, avec l’accent qu’ont les « petits », parlant de la conduite incompréhensible des « grands ». Mon visiteur me contemple, les yeux tout pleins d’une malice gaie :