Partir ? Ah ! oui, nous dînons en ville, je l’ai oublié… J’ai oublié que je m’étais habillée à cet effet ; et, instinctivement, je regarde la glace, mordue par le juvénile et stupide désir d’être dans un « bon jour »… Le ciel me gâte décidément aujourd’hui !… — Oh ! c’est si rare ! — La vision est satisfaisante de la jeune dame souple en son fourreau soyeux, avec de la lumière plein les yeux.
J’aperçois aussi les roses pourpres et le visage d’Arabe de « mon ami », qui s’est levé aussitôt, tandis que je réponds :
— J’ai commandé la voiture pour huit heures moins le quart. Dites-le à Monsieur.
J’avais oublié, aussi, que je possédais un mari. Et quel mari !
Meillane s’excuse, confus :
— Madame, comme je vous ai encore retenue !
Je l’arrête.
— Chut ! ne vous excusez pas !… Je vous ai dû une heure qui m’a fait beaucoup de bien ! Au revoir… monsieur mon ami.
Il me baise la main.
Puis, du même ton que j’ai employé, un ton de badinage amical, il me dit :