Peut-être, en cette minute, j’ai quelque chose de mon visage d’autrefois : l’ombre ressuscitée de la Viva qui lui a été précieuse un moment, plus que toute autre femme… Chacune son heure !

Brusquement, il se penche. Son bras m’attire, du grand geste enveloppant que je connaissais… Sur mon visage, je sens le frôlement de la barbe soyeuse dont le parfum n’est plus le même.

Mais avant que ses lèvres aient touché les miennes qui se dérobent, je me suis dégagée, violente, une révolte dans tout l’être :

— Ah ! ça non ! jamais ! Jamais plus !

— Je veux ! murmure-t-il, impérieux.

— Et moi, je ne veux pas ! Cela me fait horreur !

Alors, il s’écarte.

Instinctivement, je passe la main sur mon visage, pour en effacer son souffle ; sur mon corsage qui l’a effleuré de si près…

Il n’insiste plus. Mais dans ses yeux, je comprends qu’en cet instant, où je me dérobe, il me veut de tout son désir ravivé.

Un coup à ma porte brise le maléfice.