—Elle manque de tact... Elle a des emballements idiots...
—Merci bien, fit Claude, riant malgré elle.
Il la regarda interloqué. Puis, lui aussi, se mit à rire.
—Ne me faites pas dire ce que je ne pense pas... Lola Alviradès m'agace parce que c'est une enfant mal élevée. Charlotte l'a connue à Cannes et s'est toquée d'elle... Maintenant toutes deux ne se quittent pas. La jeune personne, qui est orpheline, vit chez une tante où elle a la bride sur le cou... Et je vous garantis qu'elle en use... Du matin au soir, je suis exposé à la voir surgir ici, se mêler de tout. Comprenez-vous qu'elle me paraisse odieuse?... Vous ne me répondez pas... Pourquoi?... Il y a quelque chose au fond de vos yeux.
Il appuyait sur elle son regard incisif, tandis qu'elle posait la main sur le bouton de la porte, pour sortir.
—Que pensez-vous?... que je suis bien maussade pour Lola Alviradès?
—Peut-être le mérite-t-elle?... Cela, je n'en sais rien... Non, je pensais...
—Quoi? insista-t-il avec sa vivacité impérieuse, voyant qu'elle s'arrêtait.
—Je pensais, je pense que chacun doit être libre de prendre son plaisir comme il l'entend... Ce que vous faites, sans doute... Sûrement même... Alors, je m'étonne que vous trouviez mauvais, l'agrément que recherche Mme de Ryeux dans la société de Mlle Alviradès. Voilà.
—Voilà!... C'est vite dit... Vous ne savez pas à quel point il est exaspérant de voir une gamine régenter une maison où l'on a, seul, en fin de compte, le droit de commander.