—Seul?... Oh! quelle prétention! Pourquoi donc votre volonté primerait-elle celle de Mme de Ryeux?

—Parce que je suis son mari!

Elle eut un haussement d'épaules et ses lèvres furent railleuses.

—Autrement dit son associé. Les associés ont les mêmes droits.

—Non, pas dans l'association conjugale, répliqua-t-il autoritaire.

—Oui, je sais... La plupart des hommes pensent comme vous; mais les femmes ne sont pas obligées de tenir compte de ces opinions d'un autre âge.

Elle avait parlé d'un ton de badinage; mais son accent était si sincère et si simple qu'il comprit que ce qu'elle disait, c'était sa conviction absolue. Et en lui, gronda l'instinct du mâle habitué à la domination, la brutale tentation d'asservir cette indépendante. Confusément, il avait la vision de ce visage volontaire renversé sous le sien, sa bouche écrasant les lèvres qui disaient des paroles d'affranchie.

Et cependant, très correct, tel un courtois maître de maison, il ouvrait la porte devant elle et prononçait:

—Au revoir, mademoiselle, et merci d'avoir bien voulu venir.

XI