—Dans mon vouloir? Oui, si je suis résolue à le faire agir... Mais, surtout, en cet instant de ma vie, je suis bien gardée par mon besoin d'indépendance et ma résolution d'arriver au premier rang, coûte que coûte. Non, oh! non, je ne désire pas d'associé, comme dit Lily... Peut-être parce que les associés mâles, toujours, par un côté ou un autre, prétendent se souvenir, et me faire souvenir, que depuis des siècles, ils sont les maîtres. Ouf! ce temps de servage est fini! C'est délicieux de n'avoir à compter que sur soi-même.
Lily intervint encore:
—Vous ne pensez pas, Claude, qu'aux heures difficiles, il est bienfaisant d'avoir un associé qui prend sa part de votre fardeau...
—Mais, confiante Lily, combien y en a-t-il qui la prennent?... Vous oubliez l'égoïsme masculin! Presque toujours, c'est nous qui les soutenons... Bien plus qu'eux, nous sommes résistantes sous l'épreuve...
—Claude, vous n'êtes pas modeste!
Elle se mit à rire.
—C'est bien possible!... Je vous dis tout bonnement ce que je pense, voilà tout! Maintenant, je ne m'engage pas à ne jamais changer...! Ce que la vie fait des êtres et de leurs résolutions, qui peut le prévoir?...
—D'autant que vous, Claude, remarqua Sonia, vous êtes, j'en ai l'idée, une créature faite pour subir l'amour.
Claude sursauta et regarda sa compagne, mi-fâchée, mi-rieuse.
—Sonia, vous êtes une insolente!