—Je vous l'ai prêtée... Mais je vous la reprends... A mon tour, j'ai besoin d'elle... Il me faut un instant mon secrétaire... Et je suis toujours pressée...
Vive, elle buvait le thé que Claude lui avait apporté, sans un mot, attentive à la servir. Tout de suite, à ses paroles, Raymond de Ryeux s'était levé pour prendre congé:
—Madame, je ne vous dirai jamais assez combien je vous suis reconnaissant de me prêter un peu, de temps à autre, votre secrétaire... Alors, mademoiselle, nous avons notre prochaine séance de déchiffrage, de jeudi en quinze?...
—Non, je ne pourrai pas... J'ai trop à faire en ce moment...
Il réprima un sursaut qu'il ne devait pas trahir... Pourquoi subitement se dérobait-elle? Quel caprice venait de surgir dans cette pensée mystérieuse?
Mais devant Élisabeth, il ne pouvait ni questionner, ni insister, ni se révolter. Et correct, il s'inclina, raidi contre la déception qui criait en lui...
—Alors, mademoiselle, avec tout mon regret, j'attendrai votre bon plaisir. Mais j'espère que vous allez être très généreuse et me trouverez vite un petit instant. Vous me le direz, vendredi, chez Mme de Ryeux?
D'un indéfinissable ton, elle fit:
—Ah! c'est vrai, nous nous retrouvons vendredi!... Si je puis, oui, je vous dirai...
—J'emporte votre promesse... Au revoir, mademoiselle.