Avec une vibration de colère dans la voix, Claude dit, hautaine:
—Je vous prie de croire, Élisabeth, que M. de Ryeux a toujours été d'une irréprochable correction avec moi.
—Je n'en doute pas... Je ne te fais pas l'injure, mon enfant, de penser que, autrement, tu lui aurais permis de revenir ici. Mais il est évident que...—pour employer le jargon mondain...—il te fait la cour.
Claude haussa les épaules.
—Il est ainsi avec toutes les femmes. Je l'ai vu à l'œuvre aux vendredis de Mme de Ryeux.
—Oui, avec des femmes de son monde, habituées à être ainsi traitées... Toi, qui es obligée de te garder seule, tu ne dois pas accepter cette attitude.
—Je n'ai ni à accepter ni à refuser ce qui est sa manière d'être. Je ne puis la changer.
—Et cette manière d'être, en somme, ne te déplaît pas, dit Mme Ronal d'un ton qui faisait de ses paroles plus une réflexion qu'une question.
Avec une sorte de franchise altière, Claude prononça:
—Il ne me déplaît pas... même, il me plaît, qu'il me traite comme son égale, socialement, et ne me laisse jamais souvenir que je vais chez lui gagner ma vie en distrayant ses invités...