—Ah! comme tu tiens à ces réunions! Claude.
—J'y tiens?... Où prenez-vous cela? Élisabeth.
—Dans la façon dont tu les défends et te refuses à y renoncer...
Avec une sorte de hauteur, Claude prononça:
—Mais je n'ai rien refusé... Je suis chez vous. Je ferai naturellement ce que vous voudrez...
—Claude! De quel accent tu parles... Tu sais bien que jamais, je n'impose ma volonté... C'est un conseil que je t'ai donné, m'adressant à ta dignité et à ta raison pour que tu le suives... parce que je suis certaine d'être dans la vérité.
Claude ne répondit pas. Elle le savait bien qu'Élisabeth Ronal voyait juste... Un danger existait, qu'obscurément, elle avait la curiosité, la tentation de connaître, n'en ayant pas peur, orgueilleusement confiante en elle-même...
Mais jamais, elle n'eût imaginé qu'elle tenait ainsi à ces séances de musique... A l'idée de les terminer, de voir finir les causeries qui les entremêlaient, une espèce de révolte criait en elle, dont la violence la saisissait elle-même...
Mais tout de suite, aussi, la certitude s'imposait à son âme frémissante que lui n'accepterait jamais de ne plus la retrouver dans cette intimité qu'Élisabeth condamnait.
Dans sa pensée, elle eut la vision précise du regard audacieux et caressant; elle entendit les sonorités de la voix impérieusement douce, si habile à exprimer toutes les pensées... Jamais cet homme-là ne devait renoncer à ce qui lui plaisait...