Lui continuait, du même accent assourdi et frémissant:

—Depuis ce matin, vous me fuyez... Alors puisque là-bas, à la Saulaye, vous ne m'avez pas permis de vous approcher, il m'a bien fallu venir vous attendre ici... Claude, si je vous ai offensée, je vous en demande pardon.

Cette fois, elle parla; ses lèvres tremblaient:

—Si vous m'avez offensée?... Vous en doutez?...

—Oui, car ce n'est pas offenser une femme que de l'adorer...

—Si!... quand on n'a le droit ni de l'adorer... ni de le lui dire... n'étant pas libre.

Il haussa les épaules et martela:

—Libre?... Mais je le suis autant que vous-même, Claude. Et vous le savez bien.

Elle secouait négativement la tête. Il se pencha vers elle:

—Claude, en dépit des apparences, je suis un pauvre dans la vie!... A l'heure présente, ma richesse, le trésor que je veux garder... à tout prix... c'est vous... Claude. Vous l'êtes devenu, malgré moi, malgré vous... par je ne sais quelle fatalité contre laquelle il m'est inutile de lutter... Maintenant, je ne puis pas consentir à ce que vous sortiez de ma vie...