Tous et toutes prenaient congé, plus ou moins stupéfaits de s'être ainsi attardés dans les délices de la musique.
Devant l'étroit perron, sur le gravier du jardin, sonnait le roulement des autos qui remmenaient dans Paris les ex-infirmières redevenues de très fortunées créatures.
Claude s'était rapprochée de son amie...
—Élisabeth, si vous n'avez pas besoin de moi, j'irai reconduire Lily et Sonia pour marcher un peu...
—Je n'ai pas du tout besoin de toi, mon petit. Tu peux sortir. Mais nous dînons à sept heures et demie, n'est-ce pas? J'ai quelques visites à faire, ce soir.
—Et moi, à travailler. A tout à l'heure, Élisabeth.
Le salon se vidait; mais les chaises dérangées, les tasses sur le plateau du thé, le violon demeuré près du piano ouvert lui gardaient une physionomie vivante.
—Élisabeth, je ne vous dérange pas en restant encore un instant avec vous, demanda Sabine Méruel, voyant Hugaye et son ami, le journaliste, s'apprêter, à leur tour, pour le départ.
—Pas du tout. Je puis m'accorder encore un moment de récréation, avant de chercher un rapport attendu. Vous voyez que je ne fais pas de cérémonies avec vous!
Tout en parlant, elle levait ses yeux clairs vers son amie, et aussitôt, elle acheva, le ton tout différent: