Enfin tout fut réglé, même au gré de Mme de Ryeux qui s'était copieusement mêlée à la discussion. Claude l'avait bien jugée; elle était très soucieuse de ne point laisser oublier que les décisions concernant ses vendredis la regardaient au premier chef. Et ce fut elle qui conclut:
—Votre programme du 3 décembre est donc arrêté, mademoiselle. Maintenant, il me reste à savoir quelles sont les conditions de votre cachet.
Une imperceptible contraction rapprocha les sourcils de Claude. Les questions d'ordre financier lui étaient toujours désagréables à traiter. Mais, avant qu'elle eût répondu, de Ryeux intervenait:
—Pour régler cette question avec Mademoiselle, vous n'avez pas besoin de mes lumières, Charlotte. Je vous laisse. Mademoiselle, votre concert à Charonne est bien vendredi, n'est-ce pas, m'a dit Hugaye?... Alors, à la semaine prochaine! Il est permis, je suppose, d'aller féliciter les artistes?
—Certes oui... Mais on ne les rencontre pas toujours!... En général, nous filons tous et toutes, dès que notre tâche est remplie...
—Je ferai en sorte d'arriver à temps. Mademoiselle, je vous présente mes hommages.
Qu'il était donc cérémonieux chez lui! La présence de sa femme, sans doute... Et un involontaire sourire effleura la bouche de Claude.
Il ne s'en aperçut pas. Son œil incisif enveloppait les deux jeunes femmes: Charlotte, blonde, poudrée, un peu lourde, type insignifiant, dans l'élégance du peignoir de satin... Claude, svelte et haute, sous l'austère tailleur de laine bleu sombre, boutonné jusqu'au menton autour de l'original visage qui avait un éclat de fleur blanche...
Il s'inclinait. Elle répondit par un léger signe de tête et il sortit.
Aussitôt, à l'extrémité du petit salon, une porte s'entr'ouvrit; et Claude vit surgir la jeune fille brune dont, un moment plus tôt, elle regardait l'image.