—Oui, c’était très amusant, ce semblant d’aventure... Et puis, nous avions de si braves protecteurs que nous ne pouvions rien craindre!

—Des marins de rencontre!... Enfin, je prêche dans le désert, puisque vous êtes tous ravis! Mais ne recommencez plus! Bernard, va dire vite à ta mère que vous êtes revenus... Tu la connais, elle vous voyait tous déjà au fond de l’eau.

—Tout de suite! Mademoiselle Christiane, je vais prévenir chez vous en passant.

J’entends Guisane me demander un peu bas:

—C’est vrai?... Vous ne regrettez pas trop cette vilaine heure?

Et, spontanée, je réponds ce qui est, pour moi, l’absolue vérité:

—La regretter!... Elle m’a paru délicieuse.

—Pourquoi?

Pourquoi?... Soudain, je comprends qu’en dehors de l’enivrement du vent, de la houle berceuse, de la bonne odeur saline, il y a eu pour moi, dans cette promenade, la douceur retrouvée de me sentir protégée comme jadis, d’être l’objet d’une chaude sollicitude... Et c’était bon!...

Mais cette impression, je ne l’avoue pas et réplique en riant: