Mireille jeta un cri:

—Ses yeux?...

Les lèvres de Christiane frémissaient. La voix assourdie, elle continua:

—Ses yeux ont subi le contre-coup du choc, qui a été terrible...

Une terreur désespérée étreignait Mireille.

—Tu ne vas pas me dire, Christiane, que... que sa crainte était un pressentiment et s’est réalisée?

Avec toute sa tendresse, Christiane enveloppa de son bras les épaules de la jeune femme; et doucement, elle dit, d’une voix que l’émotion fêlait:

—Ceux qui le soignent... et il a autour de lui les meilleurs spécialistes que nous puissions souhaiter... affirment que le nerf optique n’est pas détruit et que la vue reviendra. C’est l’épanchement sanguin et la commotion qui ont provoqué... une paralysie passagère, si j’ai bien compris, laquelle se dissipera avec les soins et le temps...

—Qui se dissipera... sûrement?... Réponds la vérité, Christiane!

—On me l’a affirmé. Ma pauvre petite sœur, je ne puis que te répéter ce que j’ai appris.