—Cette certitude que sa vue reviendra, il la connaît?

—Certainement!

—Alors... alors, l’espoir doit le soutenir un peu... Christiane, oh! Christiane, que c’est horrible!... Où est-il?... Tu l’as vu?

—Il n’était pas encore à Paris. Il fallait qu’il fût assez bien pour supporter le voyage... Je pense que, cette semaine, il sera ramené au Val-de-Grâce.

—Tu me préviendras dès qu’il y sera? Il faut que j’aille le voir! Je suis sûre qu’il a besoin de moi... Oh! qu’il doit souffrir... Moralement, bien plus encore que physiquement!

Toute l’angoisse qu’elle devinait en lui était aussi dans son âme, à elle.

—Te rappelles-tu?... il nous disait: «La couleur, les lignes, la forme, pour moi, c’est l’ivresse!» Et il est seul avec des étrangers pour supporter la pire épreuve qui pouvait l’atteindre... Oh! Dieu!... Et dire que je ne puis lui donner ma vue!

Christiane appuya sur sa poitrine le visage décomposé de la jeune femme.

—Mireille, je t’assure que tous autour de lui ont... la conviction... que la vue n’est pas irrémédiablement atteinte... Pour qu’elle revienne, c’est une question de temps...

—Christiane, je veux la vérité!