—Je te répète, strictement, ce qui m’a été dit, je te le promets. De même qu’il m’a été assuré que son bras pourrait lui être conservé...
Cette fois, Mireille ne demanda plus rien, Christiane l’entendit murmurer:
—Mon Dieu, ayez pitié!...
Et elle cacha son visage dans ses mains. Il y eut un silence. Délicatement, Mᵐᵉ Dabrovine baisait les cheveux que soulevait la brise tiède, et elle répétait comme une berceuse apaisante:
—Chérie, ne désespère pas, puisque la guérison viendra.
Mireille redressa la tête. Et, autour d’elle, sous le clair soleil, elle aperçut le large ciel d’un bleu laiteux où vibraient les cloches dominicales; les arbres fleuris dont la brise emportait des pétales roses, des pétales blancs; le fleuve au ton de jade qui descendait vers la mer, moiré de lumières et d’ombres entre ses rives veloutées par la jeune verdure... Et devant ce paysage de paix, son cerveau bouleversé eut, une seconde, l’impression qu’elle avait rêvé un épouvantable cauchemar...
Mais ses yeux rencontrèrent ceux de Christiane pleins de larmes, et la conscience du nouveau malheur la broya. Elle eut un cri de détresse infinie:
—Oh! Christiane!... Voici que je souffre pour lui comme j’ai souffert pour Max!... Quelle femme suis-je donc?... Ah! je ne soupçonnais pas que je l’aimais ainsi!...
IX
—C’est ici, madame, dit l’infirmière qui, complaisamment, avait guidé Mireille jusqu’à la chambre de Guisane, au Val-de-Grâce.