Et, après un léger coup, elle entr’ouvrit la porte, sur le consentement du blessé.
Une seconde, au seuil de la pièce, Mireille demeura, haletante d’émotion, regardant. Il était sur un fauteuil près de la fenêtre,—ouverte sur le jardin,—dont il ne pouvait voir le jour; les yeux voilés, son bras blessé en écharpe, sous les bandes. Que cet homme abattu, le visage pâle et creusé, était donc loin du beau soldat, hardi et fort, au regard pénétrant, qui lui avait dit adieu à Monaco, quelques mois plus tôt...
Il demanda, avec une lenteur indifférente:
—C’est vous, madame Debrion?
Alors, Mireille, la porte refermée, s’approcha:
—Non, ce n’est pas Mᵐᵉ Debrion..., dit-elle presque bas, d’une voix qui tremblait. C’est moi... Mireille...
Il eut une exclamation si frémissante, qu’elle en tressaillit toute.
—Mireille!... Toi!... Toi!... mon amour... Vous! Oh! madame, pardon!... Je rêve...
Elle se laissa glisser à genoux près du fauteuil, et, se penchant, mit sa main sur celle qui, restée libre, se crispait au bois du meuble.
—Non, vous ne rêvez pas! mon cher, cher ami. Avec tout mon cœur, je suis près de vous, enfin!... Enfin!!! Si longtemps, je ne savais pas où vous étiez... Oh! quel supplice!... Dès que j’ai appris que vous étiez à Paris, que je pouvais vous voir, je suis venue...