—Ah! enfin! vous consentez! jeta-t-elle, d’un accent de joie tel, qu’un sourire radieux ressuscita un instant le Guisane de jadis.
Follement, il attirait la jeune femme contre sa poitrine:
—Mireille, je vous l’ai dit un jour, je ne suis pas un saint... mais un homme qui vous adore... et je n’ai plus le courage de vous repousser... Puisque vous m’avez vaincu, vos lèvres, pour le baiser de nos fiançailles. Depuis tant de jours, j’en ai soif!...
Elle eut un tressaillement... Soudain, en son souvenir, montait la vision lointaine des lumineuses fiançailles de ses dix-huit ans, après l’aveu entendu un soir de bal... Aujourd’hui, dans une chambre d’hôpital, à un homme broyé par l’effroyable tourmente, elle abandonnait de nouveau sa vie, et son cœur si profondément creusé par la douleur...
Tout bas, elle dit, des larmes plein les yeux:
—Patrice, les voici, mes lèvres...
Elle souleva, vers le visage qui, dans la nuit, cherchait le sien, sa bouche que nul baiser n’avait effleurée, depuis le dernier donné par celui qui dormait là-bas, dans la terre lorraine...
Du feu qui vivait toujours sous la cendre, jaillissait l’éternelle et merveilleuse flamme...
FIN
IMPRIMERIE NELSON, ÉDIMBOURG, ÉCOSSE
PRINTED IN GREAT BRITAIN