Et alors, elle murmura, obéissant à son habitude tendre de lui parler comme si, même invisible, il pouvait encore l’entendre:

—Oh! Max, mon Max, que c’est cruel d’être ici sans toi!...

C’était cruel... Et pourtant, tout le jour, elle avait pu causer, sourire... Elle pouvait jouir, en tout son être, de la beauté de ce crépuscule d’été... Sa douleur ne l’écrasait plus au point de la rendre étrangère à tout ce qui n’était pas cette douleur... Quelle révolte elle éprouvait à en sentir s’atténuer la torture... Et à cela, elle ne pouvait rien! rien!

—Maman, laissez-moi encore courir, pria, près d’elle, la voix enfantine. Vous avez repris ma main et vous la tenez si serrée!...

Elle tressaillit. Puis, l’accent un peu assourdi, elle dit tendrement:

—Tu courras demain, Jean. Ce soir, il faut aller dormir. Je suis sûre que France le fait déjà... Voici notre maison, nous sommes arrivés.

En effet, devant eux, la villa se découpait toute blanche, au milieu du grand jardin d’où montait la senteur des œillets qui foisonnaient dans les massifs de la pelouse.

Mireille gravit le perron et entra. L’Anglaise, qui était la gouvernante des enfants, apparut au bruit des pas sur les dalles du vestibule.

Mireille demanda:

—Bébé dort?