—Oui, madame. Nounou est près d’elle.
—Bien, je vais la voir. Emmenez vite Jean coucher.
—Maman, vous allez venir m’embrasser, n’est-ce pas?
—Mais bien sûr, mon chéri... Sauve-toi pour te reposer et aller jouer de bonne heure sur la plage, demain matin.
—Si je dors, la nuit sera plus vite finie?
—Come, quickly! Make haste, master Jean, répétait l’Anglaise.
—Yes... yes... I am coming! Bonne nuit, maman chérie.
En tourbillon, il se précipitait sur sa mère, cherchant à attirer le doux visage qui lui souriait. Puis il disparut, entraîné par la gouvernante. Son pas bondissant fit sonner le bois du parquet, tandis que Mireille entrait dans la chambre où reposait le bébé.
La nourrice rangeait devant une armoire ouverte. Mireille s’approcha du berceau et écarta le rideau de tulle. Penchée, elle regarda la figure menue, où, obstinément, elle cherchait les traits du père qui n’avait pas vu naître cette petite; et ses yeux étaient graves et passionnés...
Elle effleura la menotte abandonnée sur le drap. Puis elle passa chez Jean qui, allongé sous sa couverture, déjà presque endormi, releva cependant sa tête bouclée.