Son accent m’amuse et j’interroge, intriguée:

—Et ce désir, c’est...?

—Ce serait, madame... je me risque car j’ai l’idée que je trouverai un allié dans M. Dabrovine, ce serait que vous me permettiez de faire de vous un rapide croquis... sur la falaise que vous aimez tant... Est-ce que vous consentiriez à m’accorder cette grâce?...

Comment refuser après le bien qu’il m’a fait pour Max? J’acquitte une dette.

—Je veux bien, puisque je puis vous être agréable ainsi... Ce ne sera pas une pose trop longue?

—Une heure, de deux ou trois de vos matinées. Et devant la mer que vous avez tant de plaisir à contempler... Et pendant cette heure, à votre gré, vous causerez ou vous vous tairez...

Père nous écoute avec une expression que je ne m’explique pas. Mais comme la cloche sonne bruyamment le repas, que maman approche, fraîche autant qu’une toute jeune femme, père conclut, mettant sa main sur l’épaule de Guisane:

—Eh bien! c’est chose convenue, mon ami. On vous confie le soin de représenter l’image de cette jeune dame. J’espère qu’elle posera bien. J’irai vous faire des visites pour m’en assurer. Et là-dessus, à table!

10 août.

Donc, j’ai posé avant-hier, hier et puis ce matin, pour finir; dans un adorable coin, un peu écarté, au milieu des roches, sur ce promontoire avancé de la falaise, d’où la vue m’est un enchantement.