Suzy eut un léger mouvement, et il n’acheva pas.

A l’extrémité du balcon, un frêle petit oiseau s’était posé. Il chantait éperdument sous la caresse de la brise, et son chant était joyeux ainsi qu’une espérance. André tressaillit en l’entendant.

Il s’était promis, après son voyage à Cannes, de ne plus troubler Suzy par une nouvelle demande, aussi inutile que la première, sans doute. Même, il avait usé sa force d’âme à s’ôter tout espoir, à accepter l’idée qu’elle épouserait Georges de Flers…

Et pourtant, voici qu’une suprême question lui jaillissait du cœur parce qu’elle était tout près de lui, non plus comme à Cannes, environnée d’un parfum d’élégance mondaine, mais telle que jadis, dans sa simplicité exquise ; plus sérieuse même, ayant aujourd’hui quelque chose d’indéfinissablement ému quand elle lui parlait.

Puis, devant le regard d’André, rayonnait encore l’éclair qui avait illuminé les chers yeux bruns, et il lui montait au cœur une espérance folle qu’il n’avait pas le courage de repousser…

Son accent devint plus bas et presque suppliant.

— Mademoiselle Suzanne, voulez-vous me permettre une question, comme vous en permettriez une à un très vieil ami ?… C’est un peu ce que je suis pour vous, d’ailleurs, n’est-ce pas ?

— Demandez-moi ce que vous désirez…

Il hésita une seconde, rassemblant toute sa volonté pour continuer :

— Il y a un instant, vous étiez prête à m’adresser je ne sais quelles félicitations, quels souhaits de bon avenir. N’est-ce pas moi, au contraire, qui eusse dû vous parler de la sorte ?