I

Un souffle d’air vif passa soudain à travers les branches des tilleuls qui ombrageaient l’espace sablé du tennis, et quelques feuilles jaunes voltigèrent découpant leurs taches d’or sur l’horizon bleuté.

La jeune Mme de Berly qui parcourait une revue, nonchalamment assise dans son fauteuil de jardin, eut un petit frisson et, d’un geste de frileuse, serra sur ses épaules le châle de fine laine dont elle était enveloppée.

Elle avait relevé la tête et son regard s’arrêta sur les joueurs de tennis. Eux, ne paraissaient pas soupçonner que les fins de journées en septembre, si belles qu’elles soient, ont des fraîcheurs soudaines qui annoncent la prochaine venue des mauvais jours.

Avec son accent habituel d’indifférence, Mme de Berly interrogea :

— Avez-vous bientôt fini ?… Voici qu’il est quatre heures et demie et il commence à faire froid !

Un éclat de rire, des exclamations entrecoupées par les péripéties du jeu répondirent à la question.

— Froid !… Marthe, pourquoi n’avoir pas voulu jouer avec nous ?… C’est de la chaleur que vous vous plaindriez, alors !

— Attention ! Mademoiselle Suzanne, à vous !… Reculez-vous… Bien !…

— Hourra !… Trente à trente !…